Chants

Cette section reprend les chants du Bitu Magnifique, classés par thèmes. Elle accueille également vos contributions, qu'il s'agisse de chants classiques non repris dans cet ouvrage, de chants nouveaux de qualité, ou de corrections concernant le contenu ou les commentaires des chants.

Dans un futur proche, un moteur de recherche surpuissant vous permettra d'afficher les chants antérieurs à l'Hégire ou ceux dont l'auteur est Erasme, de retrouver vos gros mots favoris par fréquence d'apparition dans les paroles, ou encore de classer par ordre alphabétique inverse les titres des chants en hébreu... En attendant, vous pouvez toujours utiliser la case de recherche dans les paroles.

Indéracinables et incontournables, les chants regroupés au sein de cette section représentent le suc de la guindaille lorsque celle-ci prend un tour musical. Ces hymnes, dont les mélodies mais plus encore les textes ouvrent les portes de la guindaille universelle, font se rassembler par delà leurs distinctions tous ceux dont la poitrine est mue par un coeur d'étudiant battant la mesure.

Unis dans un même esprit académique, les étudiants des cercles n'en pensent pas moins à repousser et à oublier l'échéance fatale : le jour où, diplômés, ils quitteront les bancs de la guindaille pour s'asseoir sur celui de la société. En attendant ce jour funeste, ils intègrent le chant paillard comme pilier de leurs guindailles. Poussez la porte de tout cercle lorsque son chant retentit, il se passe certainement quelque fête à y découvrir.

Groupements estudiantins universels par excellence, est-il de meilleurs lieux pour chanter la joie d'être étudiant, la joie de la jeunesse ? Ecoutez le chant des régionales, sentez leur force et leurs racines plongées au plus profond de leur terroir. Pas un ne vous laissera indifférent, pas un ne vous laissera indemne. Tous vous entraîneront dans les plus folles guindailles.

Ils transcendent l'espace et le temps. L'espace par une présence certaine mais diffuse, le temps par le truchement de moult générations successives palpables en filigrane. Guidés par leurs traditions, ils sont comme levure en bière dans les guindailles de tous horizons... Ils choient donc particulièrement l'art de la chanson estudiantine paillarde et grivoise, assoiffée et affamée, effrontée et osée mais également profonde et grave.

Qu'ils soient de lutte, de fêtes, paillards ou de salles de garde, les chants estudiantins traditionnels ont traversé les époques. Ils sont entrés dans la pérennité par les us et coutumes de générations d'étudiants. Amis, contribuez à la vie de ces mélodies, de ces textes dont les origines, pour certains, se perdent dans la nuit des temps. Ces tranches de vie souvenir d'anciennes guindailles constituent la base de la connaissance en chants paillards, indispensable complément des chants sacrés.

Fort heureusement, l'agitation qui caractérise si bien la vie des étudiants fait continuellement sortir ceux-ci des sentiers battus. Guindailles chantées, concours de chants et autres compositions contemporaines sont regroupés au sein de ce "vivier" grouillant de vie. Ils seront un jour, qui sait, promus par ceux qui nous suivront, par le temps et par l'usage, en chants traditionnels.

Le Dictionnaire des belgicismes propose au mot guindaille : "Sortie joyeuse d'étudiants, surtout beuverie, parfois festin". A Louvain, "texte satirique dans une réunion d'étudiants". Existent aussi le verbe guindailler et le nom guindailleur. Ces termes semblent officialisés dans les années 1910. Guindaille est un mot wallon d'argot estudiantin qui a fait son apparition en 1880. On pense généralement qu'il s'agit d'une altération du mot godaille, qui désignait au XIIIème siècle une 'sorte de bière", et au XVIème siècle "une mauvaise bière". Au siècle suivant, on trouve la locution faire godaille, qui veut dire "se livrer à une débauche de table". Le mot godaille semble provenir du moyen néerlandais goed ale, soit "une bonne bière", mots auxquels le suffixe aille donna un sens péjoratif (comme fer et feraille, etc.). Le mot godaille aurait subi une altération sous la double influence du picard et du wallon guinse, signifiant "beuverie". Ce peut être aussi un dérivé de guindal, qui, à la moitié du XIXème siècle, est un "verre à boire". Faire guindal se traduisait par "trinquer" dans l'argot des étudiants de la fin du XIXème siècle. En 1888, G. Rosnel écrit dans Histoires estudiantines : "Sur sa tête, il portait sa vieille casquette d'étudiant aux insignes vert-de-gris. Le vernis de la visière s'était craquelé et, sur la coiffe, la bière des guindailles passées avait tracé des ronds concentriques d'une couleur indécise."

Jacques Mercier in Le français tel qu'il est parlé chez nous

Maintenant que vous voilà éclairés sur l'éthymologie du mot guindaille, n'hésitez pas à nous envoyer vos guindailles, textes humoristiques ou chants. Qui sait, avec un peu de chance et de patience, vos oeuvres rejoindront peut-être un jour la section Vivier du Bitu Magnifique. En attendant, elles se retrouveront bientôt sur cette page...